Archive for the ‘Personaggi Omonimi’ Category

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NEI LUOGHI DI FEBRONIA | ADDIO CRISTIANI D’ORIENTE

24 febbraio 2016

Addio cristiani d’oriente

Dalla Palestina alla Persia, sono i discendenti di comunità antichissime, spesso con riti propri. Ma ora stanno sparendo, sotto i colpi dell’estremismo islamico e dell’odio religioso

FOTO DI LINDA DORIGO

FOTO DI LINDA DORIGO

«Saydnayah è seconda solo a Betlemme per importanza storica. È il cuore dell’antico cristianesimo, ci sono 37 chiese e questo convento ha più di 1.500 anni. Ma il mondo ci ha abbandonato e non abbiamo più la forza di alzare gli occhi al cielo e chiedere a Dio di aver pietà di noi»: sono parole di suor Febronia, la madre superiora del convento di Saydnayah, a 40 chilometri da Damasco. LEGGI L’ARTICOLO DI ANDREA MILLUZZI.

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Sœur Fébronie de la Sainte-Enfance (1819-1892)

10 settembre 2012

Le lundi 5 janvier 1892, Céline Martin écrit à sa cousine Jeanne Guérin (Mme La Néele) :

« Le pauvre Carmel est tout de suite la proie de l’influenza, le fléau y sévit dans toute sa force. Ce matin nous étions à l’enterrement de la religieuse décédée samedi; vendredi nous retournerons à une autre inhumation, celle de la mère sous-prieure qui est morte hier soir. Il y en a encore deux très malades et qu’on désespère de sauver, entre autres sœur Madeleine, la tante de Madame Saint-Benoît de l’Ab­baye.» (CG II, 657.) La « mère sous-prieure » portait le nom, au charme désuet, de Fébronie de la Sainte-Enfance. C’est avec elle que nous faisons connaissance aujourd’hui.

Discernement

Vers 1838-1840, l’abbé Sauvage, vicaire à Saint-Jacques de Lisieux, rencontre parfois dans le quartier du Nouveau Monde (du côté des Buissonnets par conséquent) deux jeunes filles et leur mère, revenant de l’église. Songeant au petit couvent qu’il vient de fonder, rue de Liva­rot, une pensée lui traverse l’esprit : l’une des demoiselles ne serait- elle pas une future carmélite? Mais, écrira-t-il « c’était une pensée comme une autre à laquelle on n’attache point une véritable impor­tance». Un jour, les voilà toutes deux près de son confessionnal. La plus jeune se confesse. L’autre, il le sait, a son propre confesseur, mais il est absent pour le moment. Il dit donc à sa pénitente : « Dites à votre sœur qu’elle passe de suite au confessionnal.» L’aînée ne se le fait pas dire deux fois, « satisfaite de trouver une occasion assez sin­gulière de suivre ses premières vues ». Le courant passe, sans plus. Par la suite, l’aînée apprend que M. Sauvage est Supérieur des Carmé­lites, « et bientôt ses premières idées qu’elle avait eues de se faire reli­gieuse se réveillèrent». Il essaie quelque temps de la détourner d’une règle peut-être trop austère pour elle. Elle persévère, insiste. Il l’auto­rise enfin à se présenter au Carmel. Elle est reçue au parloir, fin 1841, par la fondatrice, Mère Élisabeth, presque mourante. Elle se fait connaître.

Enfance et jeunesse (1819-1842)

Elle se nomme Marie-Julie Malville, est née à Paris, 14, rue Saint-Martin, quartier Sainte-Avoie, le 31 octobre 1819. Son père est tail­leur. Une petite sœur l’a suivie, seize mois plus tard : Pauline. Mais la maman, née Marie-Jeanne Paris, meurt à vingt-quatre ans, alors que Julie en a à peine cinq. Leur père les confie d’abord à une amie de leur mère puis il se remarie et la famille se transplante à Rouen. Là, Julie et Pauline ont été mises en pension chez des religieuses. Elle a beau­coup aimé les études, au point de préférer ses livres au jeu. La lecture est même devenue pour elle une passion. Ces dernières années, M. Malville a décidé de s’établir à Lisieux. La famille est bien chré­tienne, la belle-mère en particulier. C’est ainsi qu’on a connu M. Sau­vage… Quelques questions plus personnelles, et la Prieure du Carmel reconnaît un réel appel de Dieu. Elle bénit l’aspirante, mais ne la reverra pas: la fondatrice meurt le 3 janvier 1842, de la poitrine, à 65 ans.

Carmélite avant Thérèse (1842-1888)

La maîtresse des novices venue de Poitiers, sœur Geneviève de Sainte- Thérèse, est élue prieure le 15 janvier 1842. Le jour même, elle accueille Julie Malville en clôture : c’est la huitième postulante depuis l’arrivée, le 15 mars 1838. Dès le début, sœur Fébronie de la Sainte-Enfance se montre « un modèle de régularité, de silence, de piété, une âme véritablement intérieure, aimant la vie solitaire et cachée en Dieu »; bref, un de ces sujets « remplis de qualités qui font la joie et l’espoir d’une communauté ». Elle reçoit l’Habit le 24 mai 1842 et pro­nonce ses vœux le 15 juillet 1843, un fléchissement de santé ayant imposé un petit délai. La prise de voile est ajournée jusqu’au 27 octobre, afin que l’évêque, Mgr Robin puisse la présider. Après « une messe basse de Spiritu Sancto», il fait « un discours très tou­chant », puis entonne le Te Deum, que M. Sauvage s’apprête à conti­nuer quand le Prélat « le fait taire honnêtement » : il semble que le recto tono des carmélites ait le don de charmer ses oreilles!… Après imposition du voile à la novice, il entend « un petit bruit » et voit un homme à genoux près de la grille. C’est M. Malville, qui chuchote : « Ma fille, je te pardonne les torts que tu aurais eus à mon égard et moi je te demande pardon des fautes que j’aurais à me reprocher envers toi; je te donne ma bénédiction, donne-moi la tienne.» Mgr Robin, qui n’avait pas mentionné les parents dans son sermon s’ex­cuse : « Monsieur, je ne vous avais pas vu, si j’avais su que vous fussiez présent, je ne vous aurais pas oublié dans mon discours. » Il com­plimente aussi la belle-mère. Puis, en clôture, à huis clos, il confirme sous condition sœur Fébronie : enfant elle n’avait pas été présente à l’imposition des mains et l’on doutait qu’elle ait vraiment reçu le sacrement. L’après-midi, Mgr Robin revoit la communauté à la salle de récréation. On lui chante de joyeux couplets de la Sœur Miséricorde, on lui offre des fleurs artificielles. « Maintenez, ma Mère, dit-il à Mère Geneviève, cet esprit dans votre communauté, il me plaît beaucoup.» Et serrant affectueusement la main de M. Sauvage : « Ce jour, mon cher Abbé, est pour moi un jour de bonheur.» «C’était vraiment une fête de famille», comme les aimait Sainte-Thérèse d’Avila.

Le travail

Sœur Fébronie « remplit successivement les emplois d’infirmière, de lingère et de robière avec grande charité, une adresse remarquable et un dévouement sans bornes». En janvier 1860, elle est élue sous- prieure. Réélue en 1863, elle démissionne au bout d’un an. On la retrouve dans cette charge en 1877 puis en 1886, jusqu’à sa mort; au total quatorze ans, pendant lesquels « elle fit le bonheur et la joie de ses Mères Prieures, leur demeurant toujours unie dans les mêmes vues et les mêmes sentiments».

On a peine à imaginer le dénuement du carmel de Lisieux en ses débuts. Aussi les dons des familles plus aisées sont-ils les bienvenus. En 1860, M. Malville offre : « une armoire pour l’infirmerie, une pen­dule, une commode pour la sacristie, plusieurs tables, un buffet, des chaises, du linge, plusieurs robes de soie qui servirent pour les orne­ments et des châles qui fournirent des lots pour une loterie». C’est peut-être à ce moment que les Malville vont se fixer à Rennes.

L’invasion prussienne, en 1870, déclenche la panique jusqu’en Nor­mandie. Des familles réclament leurs filles pour les mettre en sécu­rité! Trois religieuses partent ainsi fin septembre 1870 (dont Fébronie), quatre autres en janvier 1871. Déclinant les avances de son père, sœur Fébronie préfère demander l’hospitalité au Carmel de Rennes — qui a déjà accueilli la communauté de Compiègne. Fin jan­vier 1871, les Prussiens sont aux portes de Lisieux, à Firfol, prêts à bombarder la ville, quand survient l’armistice. Le 19 mars, la commu­nauté est reformée au complet.

 

Avec Thérèse (1888-1892)

Avec ses 68 ans passés, Mère Fébronie fait figure d’ancienne, à l’entrée de Thérèse. La sous-prieure a tôt fait de voir clair et profond dans l’âme de la postulante. Témoin ce dialogue rapporté par Thérèse elle-même. Celle-ci éprouve alors de la difficulté à s’ouvrir à sœur Marie des Anges, sa maîtresse des novices :

« Une bonne vieille mère comprit un jour ce que je ressentais, elle me dit en riant à la récréation : « Ma petite fille, il me semble que vous ne devez pas avoir grand-chose à dire à vos supérieures.»

— Pourquoi, ma Mère, dites-vous cela?…

— Parce que votre âme est extrêmement simple, mais quand vous serez parfaite, vous serez encore plus simple; plus on s’approche du Bon Dieu, plus on se simplifie.» (Ms A, 70v°.)

«La bonne Mère avait raison», conclut Thérèse. Ajoutons que la réponse de Mère Fébronie mériterait de figurer parmi les apophtegmes des Anciens.

Un autre dialogue nous a été rapporté par sœur Marie des Anges, qui pourrait dater de la fin de 1891 (après la retraite du P. Alexis, si libé­ratrice pour Thérèse) :

« Un jour, notre Ange et ma Sœur F. avaient ensemble une conversa­tion spirituelle où cette vénérée sœur, un peu craintive, défendait à outrance les droits de la justice divine et notre Ange ceux de la miséri­corde infinie. Mais cette dernière, voyant qu’elle ne gagnait rien et res­tant toujours dans son sentiment finit par lui dire sérieusement, et nous dirons, presque divinement : «Ma Sœur; vous voulez de la justice de Dieu, vous aurez de la justice de Dieu. » « L’âme reçoit exactement ce qu’elle attend de Dieu. »

Et voici le terrible influenza de l’hiver 1891-1892. Douze sœurs déjà sont atteintes, dont la prieure, Mère Marie de Gonzague. Sœur Fébronie vient de reconduire le Dr de Cornière à la porte de clôture, le 31 décembre, quand elle se sent frappée à son tour. Sœur Saint- Joseph meurt le 2 janvier. La sous-prieure reçoit les derniers sacre­ments. Dans son agonie, elle réclame en vain sa prieure : « Encore un sacrifice de plus!… G mon Jésus, je vous l’offre… » Au dernier moment, le 4 janvier, à 20 heures, Thérèse est seule près d’elle, avec l’infir­mière (Ms A, 79v°). Elle remarque, comme chez la précédente défunte, « l’expression de joie et de paix » qui se répand aussitôt sur ses traits.

Pourtant, le 22 mai suivant, fête de Sainte-Julie (patronne de baptême de la sous-prieure), Thérèse a un songe. Elle voit une procession de carmélites, parmi lesquelles sœur Fébronie. Sans parole, celle-ci, dans une attitude suppliante, tourne douloureusement la tête vers elle et la fixe d’un long et triste regard. Thérèse se réveille toute impressionnée et confie à Mère Marie de Gonzague :

« O ma Mère, ma sœur Fébronie est venue cette nuit demander que l’on prie pour elle, elle est en purgatoire sans doute, pour n’avoir pas assez compté sur la miséricorde du bon Dieu. Par son air suppliant et son regard profond, elle semblait me dire: «Vous aviez raison, toute justice s’accomplit sur moi, mais c’est ma faute, si je vous avais crue, j’aurais été droit au Ciel!…(2)»

Thérèse n’a pas raconté ce songe dans [Histoire d’une Ame; sans doute parce qu’en s’approchant de Dieu, elle s’est encore « simplifiée», attachant plus d’importance à la foi qu’à ses rêves (cf. Ms A,79r°). Mais peut-être aussi pense-t-elle à sœur Fébronie quand elle parle des « âmes saintes (qui) peuvent seules avoir accès» au purgatoire. Pour moi, écrit-elle, « je sais que le Feu de l’Amour est plus sanctifiant que celui du purgatoire, je sais que Jésus ne peut désirer pour nous de souffrances inutiles » (Ms A,84v°).

Sr Cécile ocd